23 décembre: le Bouillon-blanc

Son nom vous est peut-être moins familié, pourtant cette plante est commune et se trouve très facilement, puisqu’elle est considérée comme une mauvaise herbe… elle est pourtant très jolie et comme beaucoup de mauvaises herbes ( l’ortie par exemple), très efficace en phytothérapie. Elle est d’ailleurs connue depuis longtemps ( 1er siècle après J.-C)  pour ses nombreuses propriétés médicinales. Le Bouillon-blanc est considéré dans le folklore comme étant une  plante protectrice et un bouclier contre les mauvaises intentions, peut-être à essayer dans votre jardin ;).

 

 

Sa carte d’identité: 

 

Le Bouillon-blanc, verbascum thaspsus, appartient à la famille des scrophulariacées. On le connait sous d’autres noms tel que  herbe de saint Fiacre, molène, cierge de Notre-Dame et bonhomme. Le terme Bouillon-blanc est le plus connu et fait référence à sa principale utilisation sous forme de décoction, sachant que cette plante ( comme la mauve et le coquelicot) fait partie de la fameuse infusion des 4 fleurs qui en contenait en réalité 7. Les fleurs de bouillons-blanc sont riches en mucilages, flavonoïdes, saponosides, iridoïdes, lignages hétérosidiques, et une essence aromatique.

IMG_3885.jpg

Ses actions:

Le bouillon-blanc est très connu pour être un calmant de la toux  sèche et des inflammations des voies respiratoires, apaiser les gorges irritées, les trachéites, laryngites,…. Il est également expectorant et permet d’évacuer les mucosités.

En outre grâce au mucilage qu’il contient, il est utile en cas de brûlures d’estomac et de diarrhées mais également pour les irritations de la peaux, les affections buccales et les hémorroïdes.

 

Son utilisation: 

En infusion, 20 grammes de fleurs de bouillon-blanc pour un litre d’eau, à faire infuser 10 minutes et à bien filtrer ( pour éviter les poils des fleurs) . 2 à 3 tasses par jour

En décoction, à utiliser en externe 30 grammes de feuilles pour 1 litre d’eau à faire bouillir 5 minutes et laisser infuser 10minutes. A utiliser en bain de siège ou en lotion.

En cataplasme en les faisant bouillir dans du lait, à utiliser en cas d’abcès , furoncles,…

Vous pouvez aussi l’utiliser en teinture-mère ou gélules.

 

On évitera l’utilisation du bouillon-blanc chez la femme enceinte.

Souvent on me demande où se procurer les plantes que je cite ici, la plupart sont facilement trouvable en magasin biologique ou en herboristerie, mais si vous en trouvez dans des lieux non pollués ( loin des routes donc), et que vous êtes sur qu’il s’agit de la bonne plante, c’est tout aussi efficace avec en prime la satisfaction d’avoir fait votre propre cueillette.

Enfin, pour illustrer le folklore qui existe autour de cette plante et ses pouvoirs protecteurs, je citerai l’histoire d’Ulysse qui l’aurait utilisé pour se protéger des sortilèges de Circé… Je vous souhaite une belle semaine.

A demain,

 

Chloé

 

22 décembre: La Mauve

On dit de la Mauve qu’il s’agissait autrefois d’une des plantes médicinales les plus importante. Elle était aussi utilisée en tant que légume. Elle peut être utilisée comme l’épinard et ses jolies fleurs comestibles offrent un goût délicatement sucrée et enchantent les préparations culinaires en apportant une jolie touche colorée.

Elle a bien des secrets à nous dévoiler et nous allons les découvrir tout de suite.

 

Sa carte d’identité:

La Mauve, malva sylvestris, appartient à la famille des malvacées. On la connaît sous les noms de mauve sauvage, grande mauve et mauve sylvestre. Elle est commune, on la trouve dans des champs, des terrains vagues, en bords de routes… et est originaire d’Asie et d’Europe. Elle contient des flavonoïdes et est riche en mucilages, ses fleurs contiennent des anthocyanes ( antioxydants).

En phytothérapie, on utilise surtout ses fleurs et ses feuilles, sa racine peut l’être également, mais en général c’est plutôt la racine de  guimauve qui est utilisée, et qui a des propriétés similaires.

DVJBE8189.jpg

Ses actions: 

La mauve est adoucissante et est bénéfique en cas de bronchite, toux sèche, maux de gorge,…

Elle est connue depuis longtemps pour ses propriétés laxatives, et est utile dans les constipations chroniques. Elle atténue l’inflammation de l’intestin.

Elle a aussi une action calmante sur les peaux sensibles et/ou irritées notamment chez les bébés ( en externe bien sûr). Elle calme les irritations du visage ( couperose) également. Elle est aussi utile en cas d’aphtes, à prendre en bain de bouche.

Son utilisation: 

Une infusion de fleurs de mauve, à raison de 15 grammes de fleurs pour un litre d’eau à faire infuser 10 minutes.

En cuisine dans des buddha bowl, n’hésitais pas à ajouter des jolies fleurs de mauve, d’une part pour l’esthétisme qu’elle apporteront à vos plats et d’autres part pour leur petits goût sucrée.

En externe, vous pouvez utiliser la mauve en décoction en faisant bouillir les fleurs 2 minutes, puis infuser 10 minutes. A utiliser en gargarisme, en bain de bouche, en bain de siège à appliquer à l’aide d’une compresse sur la peau.

 

L’avantage de cette belle et douce plante c’est qu’elle peut être utilisée par tous, sa seule contre-indication étant la diarrhée. Hyppocrate la conseillait déjà à l’époque. La mauve traverse les époques sans perdre son excellente réputation et heureusement car elle est vraiment exceptionnelle, et pourrait bien vous être utile.

Bon dimanche,

 

Chloé

 

15 décembre: l’Hibiscus

Un peu d’exotisme et de chaleur en ce 15 décembre avec la belle fleur d’Hibiscus. Outre sa beauté indéniable l’hibiscus renferme beaucoup de bienfaits.

 

Sa carte d’identité: 

L’hibiscus, hibiscus sabdariffa, appartient à la famille des malvacées. Il en existe plusieurs variétés, la photo ci-dessous représente la variété Hibiscus rose de Chine ( hibiscus rosa-sinensis).On la trouve dans les régions subtropicales, l’hibiscus se plaisant dans les climats chaud et plutôt humides. Les fleurs contiennent notamment des mucilages, de la pectine, des acides malique et citrique, des anthocyanosides. On utilisera les fleurs séchées.

IMG_7043.jpg

Ses actions: 

L’hibiscus est riche en vitamine C et a des vertus tonique et stimulante, intéressant en cas de coup de fatigue passager, mais aussi anti-inflammatoire.Il est également diurétique et sera intéressant en cas d’infection urinaire. C’est un laxatif doux et antispasmodique, qui est utile notamment lors des douleurs menstruelles. Il aurait également des actions pour aider à lutter contre l’hypertension ainsi que sur le taux de cholestérol.

Enfin, il peut être utile sur les abcés et l’eczéma suintant en application externe.

 

 

Son utilisation: 

En décoction, 10 grammes de fleurs séchées pour un litre d’eau à faire bouillir 15min et à appliquer localement en cataplasme.

En infusion rafraichissante laisser macérer au moins 3h une belle poignée de fleurs séchées dans un litre d’eau, à déguster bien frais. Aussi possible en infusion chaude bien sûr, à laisser infuser 10minutes.

Les fleurs infusées peuvent aussi être utilisées en cosmétiques pour divers usages, notamment pour faciliter le démêlage des cheveux et les rendre plus brillants.

 

Dans sa symbolique cette belle fleur évoque la passion, le désir. Chez les tahitiennes la fleur d’hibiscus portée dans les cheveux a une signification bien précise.  Si celle-ci est placée à droite, cela annonce une ouverture aux rencontres, en revanche placée à gauche, cela indique que ce n’est plus un coeur à prendre.

Excellent dimanche,

Chloé

12 décembre: La Busserole

Découvrons une bonne amie de la belle bruyère aujourd’hui: la Busserole. Ensemble elles peuvent faire des merveilles en phyothérapie, si vous avez loupé l’article concernant la Bruyère, il est juste ici  à lire avant ou après cet article peu importe.

 

Sa carte d’identité:

La Busserole, Arctostaphylos uva-ursi, tout comme la Bruyère elle appartient à la famille des Ericacées. On l’appelle aussi raisin des ours en raison de ses petites baies rouges appréciées par les ours. On trouve donc la Busserole plutôt en montagne (ici la photo a été prise dans les hautes alpes à environ 1800m d’altitude), pour notre part ce sera ses feuilles qui nous intéresserons. Elle contient des hétérosides phénoliques ( notamment l’arbutoside, antiseptique urinaire), des tanins galliques, des flavonoïdes, des triterpènes, des iridoïdes.

 

IMG_E3175.jpg

Ses actions: 

Reconnu comme étant un antiseptique urinaire, la busserole est d’un grand secours lors d’infections urinaires, cystites et urétrites. Elle est également astringente ( lutte contre les diarrhées) et décongestionnante des voies urinaires et aide à refaire la muqueuse de l’arbre urinaire ( l’épithélium). On lui reconnaît également des actions anti-hémorragiques en améliorant la circulation sanguine.

Elle est assez puissante et soulagera les inconforts cités plus hauts. Elle est à prendre en cure plusieurs fois par an. En revanche, même s’il n’y a pas de toxicité particulière on veillera à ne pas la prendre en surdose ( maximum 15jours consécutifs) afin d’éviter des effet secondaires tel que: nausées, vomissements, coloration des urines ( brun),…

Il y a cependant des contres-indications, la busserole ne convenant pas aux: femmes enceintes (ocytocique, stimulation des contactions de l’utérus) et allaitantes , aux enfants de moins de 12ans, en cas de cancer des voies urinaires, et on veillera à ne pas l’associer à la prise d’anti-inflammatoires, anti-acides. En cas de doute, demander l’avis de votre médecin.

 

Son utilisation: 

A utiliser en décoction à raison de 20grammes de feuilles de busserole pour un litre d’eau. Faire bouillir 3minutes et infuser 10minutes. On n’hésitera pas à l’associer à de la bruyère pour les infections urinaires. Vous pouvez en boire une à 3 fois par jour sur 10/15 jours maximum, à renouveler si besoin tous les 2 mois.

Vous pouvez aussi la trouver sous forme de gélule ou de teinture mère, mais veillez à boire suffisamment à côté, les décoctions ayant cet avantage de nous obliger à boire, nécessaire en cas d’infection urinaire.

 

Déjà au XVIème siècle, Rabelais ( écrivain mais qui fût aussi médecin) nous parlait des bienfaits sur le système urinaire de cette plante, puisqu’il l’utilisait pour soigner l’infection urinaire dont souffrait Pantagruel.

Sur cette note humaniste de la  Renaissance, je vous souhaite une douce journée.

Chloé

 

 

4 décembre: La bruyère

En ce jour de la Sainte Barbe, où la tradition veut que l’on plante des grains de blé dans une coupelle afin d’apporter la prospérité, je vous propose de parler de la bruyère une plante remarquable et qui symboliserait la chance chez les Celtes. Aussi,  je trouve que le 4 décembre est un jour propice pour parler de celle-ci afin qu’elle vous porte chance mais aussi qu’elle vous accompagne grâce à ses nombreux bienfaits.

 

Sa carte d’identité:

La Bruyère, Calluna vulgaris, appartient à la famille des Ericacées. On la trouve fréquemment dans les Landes, d’ailleurs j’ai photographié ces bruyères là-bas. Elle est en fleurs entre juillet et novembre et est constituée entre autres de tanins et de flavonoides. Ce sont bien ses belles sommités fleuries que l’on utilisera pour bénéficier de ses propriétés.

 

 

IMG_E2936.jpg

 

Ses actions:

Elle contient un antiseptique des voies urinaires. Elle est diurétique, dépurative, anti-inflammatoire et astringente. Aussi, elle est remarquable en cas de cystites ( notamment avec pus) et infections urinaires, c’est la plante par excellence ( avec une autre qui viendra plus loin dans le calendrier 😉 ) liée aux système urinaire. En augmentant les urines elle permet d’éliminer l’urée, l’acide urique et oxalique. Elle est également utile en cas de rhumatismes et peut être utilisée avant un effort sportif  en massage pour tonifier les muscles.

 

Son utilisation:

Bien sûr , elle est excellente en décoction, à raison de 30 à 50 grammes de bruyère pour 1litre d’eau qu’on laissera infuser 15min, à déguster dans la journée.

Elle peut aussi être utilisée en externe, en prenant 50 grammes de fleurs fraîches que vous laissez macérer une quinzaine de jours dans de l’huile d’olive. Idéal comme huile de massage, pour les rhumatismes et tonifier les muscles.

Elle pourra être associée à d’autres plantes, en décoction et en infusion, que nous rencontrerons un peu plus loin dans le calendrier de l’avent.

 

Je pense que ces utilisations (non exhaustives), viennent confirmer les légendes qui prêtent des vertus magique et protectrice sur cette plante merveilleuse.

Belle journée, et bons semis de blé.

A demain,

 

Chloé

1er décembre: L’eucalyptus

Commençons ce beau mois de décembre et ce calendrier de l’avent par le très connu et très puissant Eucalyptus, qui va m’accompagner tout au long de la période de l’avent, puisqu’il orne mon calendrier de l’avent 2019 « fait maison ».

Je suppose que celui-ci n’est étranger pour personne, néanmoins une présentation et ses diverses utilisations sont toujours les bienvenue, surtout lorsqu’on approche  de la période hivernale où il est indispensable.

IMG_E2878.jpg

 

Sa carte d’identité:

L’eucalyptus globulus, de son nom complet, car il en existe beaucoup de variétés, appartient à la famille des Myrtacées, on peut aussi le trouver sous les noms de gommier bleu et d’arbre à fièvre.

Originaire d’Australie, on en trouve aussi depuis peu ( 1856, ce n’est pas si vieux) dans les sud de l’Europe et de la France, celui-ci se plaisant dans les régions chaudes et sèches. Son odeur balsamique ne laisse personne indifférent et est reconnaissable entre mille. Sa couleur d’un vert bleuté, évoque un soupçon de magie et offre de grandes possibilités de décoration ( vous l’aurez compris :)).

Ses feuilles sont riches en cinéole ( aussi appelé eucalyptol) et d’autres terpènes, ce qui lui confère des actions à la fois antivirales et anti bactériennes.

 

Ses actions:

Son nom d’Arbre à fièvre, vient de l’utilisation qu’en faisait le peuple Aborigènes d’Australie. En effet, ces derniers l’utilisaient notamment contre la fièvre et les infections à très juste titre, puisque l’eucalyptus est largement utilisé maintenant contre les affections de la sphère ORL ( bronchites, rhumes, maux de gorges, état grippaux,..).

Néanmoins, il possède d’autres atouts peut-être moins connus, comme son action apaisante dans le cas d’ infections urinaires, ainsi que son effet équilibrant au niveau du système digestif. Il semblerait d’après certaines études, qu’il ait des propriétés hypoglycémiantes ( baisse du taux de sucre dans le sang).

IMG_E2877.jpg

Comment le consommer ?

Outre son huile essentielle très connue que vous pouvez notamment utiliser mélangée à une huile végétale en massage sur le thorax et la voute plantaire pour ce qui concerne les affections de la sphère ORL ( ni chez l’enfant de moins de 6ans, ni chez la femme enceinte et allaitante pour l’eucalyptus globulus, en cas de doutes demandez toujours conseil à un professionnel de santé), on va s’intéresser ici à l’usage de la plante en tant que telle.

-Une infusion d’eucalyptus , à raison de 20g de feuilles séchées pour un litre d’eau, à laisser infuser entre 15 et 20 min idéale pour soulager les états grippaux, à déguster 2 à 3 fois par jour.

-En décoction à boire tout au long de la journée, mais aussi en inhalation dans de l’eau très chaude, respirer les vapeurs d’eucalyptus pour nettoyer les voies respiratoires. Quelque chose que j’aime bien faire, c’est de mettre une botte fraiche d’eucalyptus dans la salle de bain qui va libérer son parfum lors de la douche et assainir l’air naturellement.

Il s’utilise également en fumigation pour assainir l’air.

La petite note en plus: étymologiquement, le mot Eucalyptus vient du grec « eu » et « kaluptos » qui signifient « bien cachés » en références à ses fleurs qui ne se dévoilent pas complètement, ce qui laisse à penser qu’il nous cache encore de nombreux secrets, le bel eucalyptus.

Belle première journée de décembre.

 

Chloé